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Les fournisseurs américains de Huawei dans l’incertitude



La tech américaine ne sait toujours pas sur quel pied danser à propos de Huawei. Peut-elle écouler ses puces et logiciels auprès d’un client aussi majeur mais mis à l’index par Washington ? Jusqu’à quand ? Dans quelles proportions ? La situation est plus embrouillée que jamais.

Fin juin pourtant, à l’occasion du G20, Donald Trump avait annoncé, à la surprise générale, un assouplissement des restrictions pesant sur le groupe de Shenzhen depuis mai. « Nous vendons à Huawei une énorme quantité de produits qui rentrent dans les différentes choses qu’ils produisent. Et j’ai dit que c’était OK, que nous allons continuer à vendre ces produits », avait déclaré le locataire de la Maison Blanche. La nouvelle ne pouvait que réjouir Intel, Qualcomm, Broadcom, Micron ou même Google – qui craignaient de devoir faire une croix sur d’importants contrats, au profit de concurrents coréens, japonais ou même chinois. Leur lobbying forcené semblait avoir payé.

Mais dix jours plus tard, ce fameux assouplissement reste impalpable. Mardi, le secrétaire d’Etat au commerce, Wilbur Ross, qui accorde les autorisations de commercer avec Huawei, rappelait que les règles n’avaient pas fondamentalement changées.
Huawei reste sur la liste noire

des entreprises à destination desquelles il est interdit d’exporter des produits américains. Les entreprises qui le souhaitent peuvent certes demander une licence exceptionnelle, mais la « présomption de refus » reste en vigueur. Seule concession à ce régime strict, des autorisations seront possibles si les produits ne constituent pas « une menace pour la sécurité nationale » – sans plus de précision.

« Moins d’un milliard de dollars »

« Des licences seront accordées pour fournir à Huawei des puces, des circuits intégrés ou des outils logiciels très largement disponibles sur le marché mondial, précise aux « Echos » Robert Strayer, en charge du dossier Huawei au département d’Etat. L’idée est de ne pas pénaliser les entreprises américaines face à leurs concurrentes quand il n’y a aucun impact sur notre sécurité nationale ou nos intérêts étrangers. » A la question de savoir si Google pourra fournir ses mises-à-jour du système d’exploitation mobile Android dans ce nouveau cadre, l’officiel botte en touche.

Il y a quelques jours, interrogé sur la chaîne CNBC, un proche conseiller de Trump sur les questions commerciales, Peter Navarro, assurait pour sa part que l’assouplissement concernait « moins d’un milliard de dollars de ventes de puces par an. » Soit moins de 9% de ce que Huawei aurait consommé en composants américains divers et variés en 2018…

La valse-hésitation de l’administration américaine sur le sujet ne peut que frustrer la tech américaine. Faute d’y voir clair, plusieurs groupes naviguent à vue et ont repris certaines livraisons à Huawei – c’est le cas d’Intel ou Micron notamment – en estimant que les règles en vigueur le permettaient.

Si un produit contient moins de 25% de technologies « made in USA », il n’est pas concerné. De quoi faire cogiter les services juridiques dans la Silicon Valley et réorganiser la répartition de la production. Vu l’ampleur des contrats en jeu, prendre le risque d’une future amende – pour avoir franchi une ligne rouge très grise – en vaut sans doute la chandelle.



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